Aérojournal

Aérojournal : Histoire de la guerre aérienne

Aérojournal hors-série n°10 : Le Zéro à l'infini

Notice to Air Men

Les Kommodores

À regarder de plus près les historiques des Jagdgeschwader, on en vient à se poser la question de savoir à quoi pouvaient servir un Geschwaderstab et un Kommodore.
Depuis la création des escadres de la Luftwaffe en temps de paix jusqu’au premier déploiement d’un groupe sur un nouveau théâtre d’opérations, le Kommodore commandait un ensemble cohérent de trois Gruppen, en particulier au niveau des tactiques de combat, de la discipline et d’autres tâches administratives. Cependant, la Geschwader était un ensemble lourd et peu maniable. Totalisant 112 avions (dotation théorique pour la chasse au début de la guerre), ce qui représentait quelque 1 300 personnels (pour 120 pilotes), une Geschwader ne pouvait donc pas investir un unique aérodrome. Jusqu’à la fi n de l’année 1940, les Gruppen étaient répartis sur des terrains proches de celui du Geschwaderstab, facilement inspectables par le Kommodore. Tout a changé en avril 1941, quand le I./JG 27 a été détaché en Libye et que la Luftwaffe est intervenue dans les Balkans, puis, tout s’est accéléré en juin 1941, quand s’est ouvert le front de l’Est. Le Gruppe a alors renforcé son rôle d’unité de base, mais il a pu, lui aussi, éclater en Staffeln autonomes, comme le démontre l’action de la 7./JG 26 à Malte. Petit à petit, de nouvelles Geschwader ont été constituées, mais certaines ont attendu plusieurs mois avant de voir la création d’un Geschwaderstab et la nomination d’un Kommodore, preuve que sa présence ne semblait pas indispensable.
Celui-ci n’avait plus qu’un rôle secondaire, parce que les Gruppen étaient placés sous la tutelle d’un Fliegerkorps (ou Jagdkorps), dont la composition a varié au gré de la situation tactique, tout comme les Wings britanniques et américains. Fin 1941, le Kommodore de la JG 53 était responsable d’un groupe en Hollande, d’un autre en Tunisie et d’un troisième en Sicile. Quelle autorité pouvait-il exercer sur eux ?
Pour autant, ces Kommodores n’étaient pas vraiment des ronds-de-cuir. Certains, comme Walter Oesau, ont sérieusement étoffé un palmarès déjà conséquent, qui, d’ailleurs, leur avait généralement valu le poste. Pas moins de quinze d’entre eux ont été tués au combat, depuis Helmut Wick de la JG 2 (28.11.40) jusqu’à Erich Leie de la JG 77 (07.03.45), sans compter les prisonniers et les blessés – la JG 2 se distinguant par la perte de quatre de ses dix Kommodores.
Mais peut-être l’Oberkommando der Luftwaffe (Haut commandement de la Luftwaffe) avait-il aussi besoin de ces « niches » pour maintenir en première ligne un nombre important d’offi - ciers supérieurs, en particulier les « as », qui n’auraient pas pu trouver un point de chute dans des états-majors déjà pléthoriques ? Le parcours comparé de Walter Oesau et de Hannes Trautloft, tous deux considérés comme d’excellents meneurs d’hommes et de fi ns tacticiens, est tellement dissemblable (Oesau sera tué à la tête de la JG 1 en mai 1944 et Trautloft deviendra inspecteur sur le front de l’Est dès juillet 1943) que l’on a parfois du mal à cerner les raisons qui animaient l’OKL.

CJE

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Aéro-journal n°27 : Strafers and Big Guns

[ En savoir + ]

Au sommaire du n°27

Strafers and Big Guns

Les B-25 à « nez solides »

L'opération « S »

New York, cible du Duce

L'épopée d'un équipage de B-27

Bombardement stratégique

Jagdgeschwader

Les escadres de chasse de la Luftwaffe - 2e partie

L'étrange mort

du vice-régent de Hongrie

Les avions de combat français

Latécoère 298

Renseignements :

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3120, route d'Avignon
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Tél : 04 42 21 06 76
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