Aérojournal

Aérojournal : Histoire de la guerre aérienne

Aérojournal hors-série n°25 : L'Arado Ar 234 Blitz

Notice to Air Men

ECCE HOMO

Dieppe est une affaire d’hommes. Qu’on lise les témoignages des aviateurs, les souvenirs des marins alliés harcelés par les Jabos ou ceux des fantassins piégés sur les plages, et on ne pourra être frappé que par deux choses : la violence de l’affrontement et son absurdité.
Pourquoi les chefs alliés ont-ils décidé d’une opération aussi risquée ? Les réponses, ou plutôt les tentatives de réponses à cette question, ont rempli bien des livres et provoqué des débats sans fin. On le sait, Staline exigeait que les Anglo-Américains ouvrent un second front pour soulager l’Armée rouge. Et alors ? L’opération « Torch » de novembre 1942, qui a lieu deux mois après « Jubilee », n’aurait-elle pas pu faire l’affaire ? En quoi jeter sur un rivage hostile, pendant seulement quelques heures, 6 000 soldats pouvait-il faire avancer la cause des Alliés, rassurer les Russes et inquiéter les Allemands ? L’explication de la boucherie de Dieppe est peutêtre à rechercher ailleurs, non pas que la volonté
de donner des gages à Staline n’en fasse pas partie, mais il semble clair qu’il ne s’agit pas de la seule. Il y a Mackenzie King, le Premier ministre canadien, homme politique de centre gauche, qui malgré ses promesses électorales doit faire avaler la couleuvre de la conscription à ses concitoyens, et ainsi leur prouver que l’effort de guerre national est essentiel ; c’est d’autant plus important que, depuis les années 1930, le Canada n’est plus tenu de participer automatiquement aux conflits impliquant le Royaume-Uni.
Il y a aussi Churchill, qui est confronté aux revers enregistrés en Asie du Sud-Est et en Méditerranée, et qui se voit contraint de se montrer toujours plus combatif face à une Allemagne triomphante. Il y a enfin, parmi de nombreuses autres, les « petites » ambitions des chefs militaires, comme celles de Trafford Leigh-Mallory, qui commande le No. 11 Group, et celles de Sholto Douglas, « patron » du Fighter Command. Au coeur de l’été 1942, l’un et l’autre ne peuvent que constater que leur « non-stop offensive » face à la Luftwaffe n’a pas donné les résultats escomptés et qu’il est grand temps de frapper fort.
Dieppe était donc bien une affaire d’hommes, une histoire d’ego et d’intérêts parfois très personnels.
Bonne lecture,
Y.K.

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Aéro-journal n°56 : août 1942, carnage à Dieppe

[ En savoir + ]

Au sommaire du n°56

Aérorama Perse

L’Aviation Militaire Impériale Iranienne

Une journée en enfer

24 heures dans le Pacifique avec
un groupe aérien américain embarqué

Un désastre nommé Botha

L’avion qui avait mauvaise réputation

Août 1942, Carnage à Dieppe

Chronique d'un désastre annoncé

Défendre le ciel italien

Le 2° Gruppo Caccia de l’ANR au combat

Renseignements :

Caraktère
3120, route d'Avignon
13090 Aix-en-Provence
Tél : 04 42 21 06 76
www.caraktere.com

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